Addiction à la masturbation et au porno : accepte de vivre un deuil !

Se sevrer de masturbation et de porno, c’est exactement comme vivre un deuil : il faut accepter une séparation, une rupture, une perte. Ce processus psychologique fait grandir et entrer dans une vie plus adulte et responsable.

Se libérer d’une addiction à la masturbation, c’est comme vivre une séparation

Lorsque nous perdons un proche, un processus psychique de deuil se met en place. Il se fera de manière plus ou moins rapide et intense, mais il avancera. Dans une addiction à la masturbation, c’est très différent : le deuil doit être décidé puis vécu activement.

Précisons un point important. La peur de manquer de quelque chose est un obstacle important au sevrage. Or, arrêter de regarder du porno et de te masturber de manière compulsive ne sera en rien un sacrifice pour toi puisque ton comportement addictif constitue uniquement une mauvaise réponse… à un vrai besoin qui est ailleurs. En décidant d’arrêter l’addiction à la masturbation, tu ne vas rien perdre dont tu aies réellement besoin. Tu t’es juste habitué à une bouée pour réguler tes émotions. Tu peux t’en passer. Le deuil à vivre est celui… de cette béquille.

En revanche, tu ne dois surtout pas renoncer à comprendre tes vrais besoins d’adulte et à te mobiliser pour y répondre ! C’est cette belle aventure que tu es invité à vivre maintenant !

Arrêter l’addiction à la masturbation se décide

Le concept de deuil recouvre deux réalités distinctes :

  • un processus psychique passif ;

  • une démarche active.

Le mécanisme psychique est naturel et incontournable. Se produisant quoi qu’il arrive, il a une fonction d’adaptation : permettre de continuer à vivre malgré l’absence.

Le travail de deuil, quant à lui, résulte d’une décision courageuse : s’impliquer dans les événements pour accompagner le processus de séparation, de guérison intérieure. Sans décision ferme et définitive d’arrêter l’addiction à la masturbation et au porno, ce processus ne peut pas s’enclencher. Si tu te réserves mentalement le droit de « ressusciter » ta dépendance à la masturbation « quand ça te chante », tu demeureras dans une forme d’ambivalence. La libération ne se fera pas vraiment.

Un processus par étapes

Le deuil est un processus complexe, intense et non linéaire qui se fait en plusieurs temps. L’un  

des modèles les plus connus, en cinq étapes, est celui d’Elisabeth Kübler-Ross :

  • Le déni (« ce n’est pas vrai »). Il s’agit d’un mécanisme inconscient de protection : la réalité n’est pas acceptée ;

  • La révolte (« ce n’est pas juste, que vais-je devenir ? »). La perte est reconnue, mais cela entraîne protestation, colère et peur ;

  • Le marchandage (« oui, mais… »). On veut bien avancer, mais sous conditions ;

  • La dépression (« hélas »). La tristesse va permettre d’accéder au détachement ;

  • L’acceptation (« je vais continuer à vivre »). Le processus se termine par un sentiment de libération, de bien-être.

 

Le déroulement du deuil dépend de chaque personne. Il n’y a pas de chronologie stricte. Des allées et venues sont possibles et les durées varient. Deux choses sont sûres :

il faudra vivre chacune de ces étapes à un moment ou à un autre pour sortir de ta dépendance à la masturbation et à la pornographie ;

le processus peut se compter en mois !

Nous reviendrons sur ces différentes phases.

Arrêter l’addiction à la masturbation se décide

Sortir du déni : tu es addict à la masturbation et au porno

Sortir du déni : tu es addict à la masturbation et au porno

Tout processus de deuil débute par la sortie du déni. Cette démarche revient à reconnaître que tu as perdu le contrôle de ton cerveau et que ta stratégie de fuite ne fonctionne pas : la réalité à intégrer, c’est que tu souffres d’une dépendance à la masturbation et à la pornographie. 

« J’arrête la masturbation quand je veux » : mon œil !

Les pensées telles que « Je gère », « Je garde le contrôle » ou « Je m’arrête quand je le veux » sont de puissants mécanismes de défense quand on est enfermé dans une dépendance à la masturbation. Elles permettent de se voiler la face et de se protéger contre une réalité trop dure à accepter : je suis addict, j’ai perdu le contrôle de moi-même. Le problème, c’est que l’illusion sur soi peut retarder longtemps la demande d’aide et l’entrée en deuil. Combien de personnes ont dû attendre dix, vingt, voire trente ans avant de reconnaître leur impuissance à changer et de commencer à sortir de leur dépendance à la masturbation ? 

Il est indispensable que tu regardes les choses en face, avec courage et lucidité : si tu arrêtais définitivement… d’essayer d’arrêter ? Il est temps de sortir de ton addiction à la pornographie. 

Avant de se lancer dans l’aventure du sevrage, se poser les bonnes questions

Avant de se lancer dans un sevrage pour sortir de l’addiction à la masturbation, il est nécessaire de clarifier ses intentions pour se donner un maximum de chances de réussir. Je te propose pour cela quelques questions qui n’ont rien de superflu.

Arrêter la masturbation et la pornographie : se fixer le bon objectif

Arrêt complet ou diminution contrôlée ?

Soyons réalistes. Diminuer sa « consommation » équivaut à… prolonger la souffrance causée par l’addiction. Des vulnérabilités sont toujours à l’origine de la bascule dans l’addiction au porno et à la masturbation : même après un travail de fond sur soi, il restera des traces de cette fragilité. De plus, pourquoi poursuivre des comportements, même en réduisant leur fréquence, si on les estime préjudiciables ?

Choisir la diminution, soi-disant contrôlée, c’est, au fond, décider de ne pas changer. Le véritable changement implique de renoncer à quelque chose.

Attention : je ne dis pas qu’il faut arrêter le sexe… Il s’agit plutôt de faire le choix d’une sexualité qui satisfait, unifie, met en relation, plutôt que d’un comportement porteur de fausses promesses, qui replie sur soi, rend triste et blasé.

Arrêter la masturbation et la pornographie : se fixer le bon objectif
Arrêt de tous les comportements ou seulement de certains ?

Arrêt de tous les comportements ou seulement de certains ?

Arrêter seulement la pornographie ? Seulement la masturbation compulsive ? Stopper certains comportements sexuels insatisfaisants, mais pas tous ? 

Ne séparons pas ce qui ne doit pas l’être… même si cela peut d’emblée paraître insurmontable. En général (car il existe des cas particuliers), dans l’addiction, porno et masturbation sont difficilement séparables : ils interagissent, « comme cul et chemise » si j’ose dire... D’un côté, en provoquant une excitation artificielle et disproportionnée, la pornographie appelle logiquement la masturbation. De l’autre, quand une habitude masturbatoire est prise, le cerveau a du mal à se passer du porno pour provoquer l’excitation. 

Note tout de même ceci : se fixer un objectif cohérent et réaliste n’exclut pas une certaine progressivité. Par exemple, tu peux viser dans un premier temps l’arrêt du porno, puis une reprise de contrôle de la masturbation dans un deuxième. Ces deux comportements sont liés mais différents. Le tout est d’être clair dès le début quant au but visé. 

Pour toujours ou juste un temps « pour voir » ?

Il me semble que cette question se traite avec les précédentes. La réponse est évidente…

Puis-je savoir si je suis prêt à arrêter mon addiction à la masturbation ?

« Suis-je prêt ? », « Est-ce le bon moment ? » : quand on est addict, ces questions trahissent une peur bien normale, mais aussi un besoin de contrôle et un certain refus du risque. Vouloir tout connaître à l’avance, c’est rester enfermé dans cette illusion de toute-puissance et cette passivité qui ont causé tant de tort jusqu’à présent. Le plus important, c’est de se souvenir de tous les effets négatifs de l’addiction à la masturbation et au porno : ça donne envie de se lancer pour arrêter !

Tu ne peux pas savoir si tu es prêt pour le sevrage. Mais qui l’est, en réalité ? C’est le fait de décider et de se jeter à l’eau qui te rendra prêt et capable, crois-moi. Fais-toi confiance. Pour atteindre ton but et arrêter le porno et la masturbation, tu disposes en toi de toutes les ressources nécessaires. Tu vas aussi apprendre de nouvelles compétences. Ce livre t’y aidera.  

La première condition pour gagner, c’est que tu sois motivé (pense à ton objectif, garde le en visuel : arrêter la pornographie, sortir de mon addiction à la masturbation !). D’autres que toi ont réussi avant : alors, pourquoi pas toi ?

Puis-je savoir si je suis prêt à arrêter mon addiction à la masturbation ?
Sur qui s’appuyer pour arrêter l’addiction à la masturbation ?

Quand faut-il commencer le sevrage ?

Idéalement, le meilleur moment pour commencer à changer… c’est maintenant ! Du moins le plus vite possible. Le changement n’attend pas. Tu es resté passif trop longtemps. Ton addiction à la masturbation a duré trop longtemps. Nous venons de dire qu’il ne faut pas attendre de se croire prêt. Alors fonce !

Néanmoins, pour mettre un maximum de chances de ton côté, il est important de soigner la phase de lancement. Choisis une période favorable où tu es plutôt reposé et serein. Si tu te sens stressé, fatigué et diminué, patiente un peu. Mais de toute façon, tu auras forcément des bas à traverser.

Tu auras besoin de toutes tes ressources : mentales, physiques, morales et spirituelles.

Sur qui s’appuyer pour arrêter l’addiction à la masturbation ?

Quand on est confronté à une dépendance à la masturbation, il est capital de ne pas rester seul. Une aide extérieure est souhaitable, surtout si on a déjà échoué auparavant. Tu peux choisir une personne de confiance comme confident et soutien : conjoint, partenaire, ami, personne moins proche mais appréciée, religieux, groupe d’entraide… Cette aide est spécialement recommandée pour gérer les contrôles sur les appareils de navigation.

Recourir à un soutien extérieur en chair et en os a aussi une valeur symbolique importante : cela équivaut à passer du repli destructeur et de la fusion à une relation d’interdépendance plus saine. Se faire aider et se confier permettent de travailler le lien, cette dimension relationnelle tant blessée. Sans les autres, c’est toujours l’enfer. À l’inverse, le sexe compulsif, ça ne sera jamais le paradis… Une addiction à la masturbation, ce n’est pas vraiment le pied ! Ça prend plutôt la tête !

Pour commencer à sortir de ton addiction à la masturbation

À retenir : entre en deuil !

  • La dépendance à la masturbation et au porno est une stratégie inconsciente et inefficace de fuite.

  •  

  • Le comportement anesthésiant est inutile, même s’il a pu au début donner l’impression d’aider à aller mieux, de « gérer ».

  •  

  • Pour changer, le point de départ est de reconnaître la situation de blocage, de sortir du déni et d’accepter d’entrer dans un deuil actif.

Mon objectif : arrêter l’addiction à la masturbation

Je prends le temps de formuler précisément mon objectif : Quels sont les comportements concernés ? Est-ce que je souhaite arrêter ou seulement réduire ?

Je formalise mon objectif avec une phrase positive, courte et percutante que je pourrai répéter régulièrement pour me motiver : …………………

Pour quelle(s) raison(s) est-ce maintenant que je fais le choix d’arrêter ?

Je décide du moment où je commence à changer de manière effective (je fixe un jour précis) : ……………………

Je choisis un tiers de confiance pour m’aider (j’écris son nom) : ……………………

Outils

Prendre du temps tous les jours pour reprendre le contrôle sur mon addiction à la masturbation

  • À partir d’aujourd’hui, je décide de consacrer chaque jour un peu de temps à ma démarche de reprise de contrôle. Cela vaut le coup ! Concrètement je peux…

  • Commencer à « m’auto-observer » pour mieux me connaître et me comprendre : regarder comment je pense, ressens et me comporte au quotidien, en particulier dans les situations difficiles. Je peux améliorer cette auto-observation à l’aide des conseils que je trouverai dans la suite de ce livre. L’objectif est de me prendre « en flagrant délit ».

  • Ouvrir mon journal de bord sur un carnet ou mon téléphone : je prends le réflexe d’y noter toutes mes observations mais aussi tout ce qui va me passer par la tête (questions que je me pose, souvenirs qui remontent, etc.). Je peux aussi utiliser ce journal pour noter mes réponses aux exercices et tous les contenus de ce livre qui m’interpellent.

  • Prendre systématiquement une dizaine de minutes en début et en fin de journée. J’inscris ce « rendez-vous avec moi-même » dans mon emploi du temps. Je pourrai utiliser ce moment privilégié pour faire un point de situation, effectuer les exercices, etc.