Témoignage d’Éric, ancien addict : plus besoin du porno pour sentir que j’ai de la valeur !

Éric, 27 ans, vit en Alsace et va se marier dans quelques mois. Je l’ai accompagné pendant un an et demi. Voici son témoignage.



Cher futur accompagné(e), bonjour !


J'ai été à ta place, à essayer de sortir de la pornographie et de la masturbation, sans pour autant y parvenir : 5 ans de combat contre moi-même. 5 ans sans la moindre victoire durable, sauf quand j’évoluais ponctuellement dans un environnement porteur et bienveillant. Je ne sais pas comment tu es arrivé là où tu es aujourd’hui, mais je peux déjà te dire ceci :

  • Tu n'es pas responsable du manque, du choc ou de tout autre élément de ta vie à l'origine de cette addiction.

  • Tu as de la valeur.

  • Tu es capable de t’en sortir.

  • Tanguy peut t’aider et te faire découvrir des chouettes outils.


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Porno : de l’habitude à l’addiction


J’ai pris l’habitude de me masturber vers 11 ans. À peu près au même âge, j’ai été exposé ponctuellement à de la pornographie. Mais c’est seulement au lycée puis pendant mes études post-bac que je me suis vraiment plongé dans les films pornos pour accompagner la masturbation. Cette habitude est devenue très vite une addiction.


En 2015 (à l’âge de 21 ans), ma copine de l'époque, Ludivine, m'a fait prendre conscience que ce n'était pas sain : ni pour moi, ni pour notre relation. Mon désir d’arrêter remonte à ce moment-là. Mais je n’arrivais pas à me contrôler plus de 3 jours d’affilée et je m’en voulais énormément. Cette colère me détruisait, mais je ne m’en rendais pas compte. A l’époque, je n’avais pas non plus conscience que la masturbation compulsive était un symptôme et non une cause.


Ludivine m'avait offert le livre Libre pour aimer, un parcours en 40 jours pour sortir de l’addiction. N'étant pas parrainé (pourtant un des prérequis du livre), j'ai fait la moitié du parcours avant de finalement jeter l’éponge.


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Une rupture amoureuse à cause du porno


En 2017, à force de consommer des contenus, j’ai fini dégoûté par la violence intrinsèque de la pornographie et par l’absence de toute forme de tendresse et d’amour vrai. Ce rejet m’a donné la force de basculer progressivement des vidéos vers des photos, puis de celles-ci vers des textes érotiques. En revanche, côté masturbation, pas de changement. Les accidents se produisaient dans mon lit, surtout dans des phases de réveil nocturne, environs 1h30 après l’endormissement. J’utilisais la masturbation pour m’apaiser et me rendormir.


En parallèle, j’avais installé un filtrage sur mes appareils de navigation. Mais ma créativité était telle que je parvenais à contourner ce blocage et je continuais malgré moi la lecture des supports érotiques. La seule façon d'y arriver sur le long terme était donc d'avoir réellement le désir de ne plus voir ces textes.


Début 2019, après de 4 ans de relation, Ludivine et moi avons fait le choix de nous séparer : en effet, elle se sentait trop souvent considérée seulement comme un "bout de viande" et non dans sa globalité, et cela générait des tensions entre nous. La rupture a été un soulagement sur le coup pour tous les deux, mais il m’a fallu 15 mois environ pour m’en remettre complètement et tirer des vraies leçons (aujourd’hui, je peux affirmer que la pornographie avait été la cause majeure de la séparation). Pendant cette période, il n’y a pas eu d’avancée notable dans ma démarche pour sortir de l’addiction.



Sortir du déni pour demander de l’aide


À l’été 2020, j’ai fait une nouvelle rencontre : Émilie. C’est elle qui m’a parlé de Tanguy, à plusieurs reprises. Il m’a fallu un an avant de prendre mon courage à deux mains pour le contacter. Honnêtement, l’aspect financier m’a freiné un peu, mais je me suis dit que ce serait un investissement significatif qui me servirait toute ma vie. Comme le permis de conduire ! Par la suite, je n’ai pas eu à le regretter.


Parler de mes souffrances et aborder des sujets très intimes comme la masturbation ou la consommation de pornographie n’a pas été facile. Mais je me suis senti accueilli comme j’étais par Tanguy. Et avec les casseroles que je traînais (et non pas "mes" casseroles). J’ai senti que je pouvais y aller en confiance, et j’ai ouvert mon cœur. Les questions de Tanguy ont toujours été posées avec pudeur. Il a aussi su être direct quand c’était nécessaire, mais sans jamais forcer ma liberté. J’ai eu la chance d’avoir un accompagnement sur-mesure, 100% adapté.


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Au bout de 2 ou 3 mois de compagnonnage, il n’y avait aucun résultat tangible. Les accidents continuaient à se suivre et se ressembler. Je perdais espoir. Émilie m'a alors demandé si j'avais réellement envie de m'en sortir et si j'avais confiance en Tanguy.


C'est alors que j'ai réalisé trois choses :

  • En réalité, je n’avais pas pleinement confiance (ni en moi ni en Tanguy). Je ne m’investissais donc pas vraiment dans la démarche.

  • Je me complaisais dans un rôle de victime. Ce statut m’enfermait dans un certain confort ("Oh, le pauvre !") et m’enlevait toute envie de m’en sortir.

  • J’avais des réticences à réfléchir à une question : "Que veux-tu faire de ta vie ?".

  • Cette discussion a donc entraîné un déclic. À partir de ce moment, je me suis davantage investi dans mon chemin personnel de guérison.


L’addiction au porno est un régulateur émotionnel


Durant un entretien peu de temps après, je me suis effondré en larmes pour la première fois depuis de le début de l’accompagnement. Tanguy avait mis le doigt sur une blessure majeure : sans en avoir conscience, je ne me sentais pas valable, aimable. Un harcèlement subi au collège avait profondément blessé mon estime de moi-même et entraîné une peur viscérale d’être rejeté par les autres et de me confronter à l’échec. Cet épisode de ma vie avait été d’’autant plus traumatisant pour moi que je ne m’étais pas senti suffisamment soutenu par ma famille. Un travail spécifique sur ce traumatisme m’a aidé à "lâcher" certaines choses, notamment le fait que je n’étais pas responsable de ce harcèlement. J’ai compris aussi que je suis capable d’aller vers les autres, que ma parole a de l’importance. La masturbation et la pornographie ont cessé d’être ma seule réponse à la question "Est-ce que j’ai de la valeur ?"


Relire avec Tanguy certaines expériences sexuelles précoces (comme des masturbations réciproques avec un ami dans l’enfance) m’a permis de me libérer de la honte et des visions biaisées de moi-même dans lesquelles je m’étais laissé enfermer.


J’ai compris qu’un "comportement addictif est une mauvaise réponse à un vrai besoin". Dès lors, j’ai cherché à identifier mes besoins profonds si longtemps négligés, et à y répondre de façon plus ajustée.


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Nous avons enfin élaboré une procédure d’urgence personnalisée pour garder le contrôle en cas d’envie. Le principe : de manière automatisée et réflexe, faire diversion et gagner un peu de temps quand mon système nerveux envoie un signal d’alerte pour réclamer sa petite récompense habituelle...


Bilan : la masturbation compulsive ne fait plus partie de mon quotidien. Un accident ponctuel se produit parfois la nuit si je prends un dîner trop copieux ou si je passe trop de temps sur un écran avant de me coucher.



L’’hygiène de vie, un point capital pour sortir de l’addiction


Dans le domaine de l’hygiène de vie, j’ai acquis quelques habitudes très utiles :

  • Mon téléphone ne dort plus dans ma chambre. Ainsi, je ne suis plus tenté de le prendre avant de dormir.

  • Je prépare (une partie de) mes repas à l'avance, pour manger plus équilibré et éviter de me remplir de céréales à l'heure du dîner.

  • Mon téléphone est filtré par un contrôle parental.

  • Je ne regarde plus Youtube. Ainsi, je suis plus productif et j’ai plus de temps pour faire des activités bonnes pour mon équilibre et mon moral. Je vois la différence !

  • J’utilise un rituel du soir avant de me coucher.

  • Je gère mon temps grâce à un agenda. C’est bête, mais ça m’a aidé à reprendre le contrôle de mon quotidien, et donc à m’endormir plus facilement le soir.


L’accompagnement a été long (un an et demi, 23 entretiens). Il a produit des résultats parce que j'ai décidé que je ne baisserais pas les bras ! Ma détermination a été récompensée. Aujourd’hui je vais beaucoup mieux. La meilleure preuve ? Je vais me marier avec Émilie dans quelques mois et je regarde avec sérénité cette échéance se rapprocher !