Sevrage porno = mission possible ! Témoignage de Joseph, ancien addict à la masturbation et au porno


Joseph, 31 ans, marié et père de famille, vit dans le sud-est de la France. Je l’ai accompagné de mars à septembre 2021 pour l’aider à reprendre le contrôle de ses comportements compulsifs.


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Quand j’ai contacté Tanguy en mars 2021, j'étais addict à la masturbation depuis 2004 (j’avais alors 15 ans) et au porno depuis 2007. J’avais dans un premier temps découvert la masturbation un peu « par accident » à la fin du collège. Puis l’habitude s’était installée progressivement, se renforçant notamment à la suite d’une déception amoureuse qui m’avait enfermé dans une grande honte. Le passage au porno a découlé du besoin d’images toujours plus excitantes pour accompagner la masturbation. Étant assez légaliste, je n’osais pas aller avant ma majorité sur des sites interdits aux mineurs, qui plus est sur l’ordinateur familial. Dès que j’ai eu 18 ans, j’ai franchi la limite.



Des comportements addictifs plusieurs fois par jour


J'enchaînais les phases d'arrêt et de rechutes. Mes années étudiantes, surtout pendant un échange à l’étranger, ont constitué la période la plus noire. C’était très fréquent puisque j’avais des accidents plusieurs fois par soirée. Je me souviens que je téléchargeais et stockais des images par milliers sur une clé USB pour les avoir à ma disposition n’importe quand.


Ces 10 dernières années, les dérapages étaient devenus plus occasionnels, sans pour autant disparaître complètement. J'arrêtais en général pendant 2 ou 3 mois puis j’avais une intense rechute de 3 ou 4 jours, voire une semaine. Tant qu'à tomber, autant le faire bien... Systématiquement, le dégoût me poussait à décider d’arrêter définitivement. Mais en vain. Après mon mariage, j’ai vécu 6 mois d’accalmie, mais rien n’était réglé sur le fond pour autant. Quand j'ai dérapé pour la nième fois en mars 2021, j’ai contacté « ce gars » dont j’avais entendu parler et auquel je m’étais juré de demander de l’aide si un accident se reproduisait.


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Besoin d’une aide extérieure pour sortir du porno


Jusque-là, j’avais le sentiment d’avoir tenté beaucoup de choses :

  • entreprendre des démarches tout seul (par exemple, supprimer les images téléchargées) ;

  • demander à un ami de gérer pour moi un logiciel de contrôle parental ;

  • créer un petit groupe avec deux amis pour nous soutenir mutuellement, échanger des conseils, s'appeler en cas d'urgence, et se réunir une fois par mois pour un temps sympa (diner, ciné). Mais le groupe s'est arrêté au bout de 2 ans ;

  • rencontrer 5 ou 6 fois un psychiatre recommandé par un des amis du groupe.


J’ai fini par reconnaître que tout ce que j’avais entrepris par moi-même ne marchait pas, ou en tout cas pas dans la durée. Au bout d’un temps, le volontarisme ne suffisait plus. Mon problème était sans doute enraciné assez profondément. J’ai admis que j’avais à nouveau besoin d’une aide extérieure pour arrêter définitivement la pornographie et la masturbation. J’ai donc pris contact avec Tanguy en me disant : cette fois, c’est pour moi !


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Rééduquer mon système de la récompense


L’accompagnement m’a permis de comprendre et apprendre beaucoup de choses. J’ai d’abord pu faire la lumière sur les origines probables de mon addiction en relisant mon histoire personnelle. J’ai mieux compris le dérèglement du système de la récompense dans mon cerveau, et accessoirement j’ai intégré le fait que j’ai le droit de m’accorder de temps en temps des vraies récompenses. Dorénavant, je culpabilise moins de me faire plaisir sainement et me détendre quand c’est mérité. J’ai repéré le processus qui me menait au passage à l’acte et je me suis entrainé à l’anticiper. Pour cela, une métaphore m’a bien aidé : la vache qui ne s’approche pas de la voie ferrée et regarde de loin le train (des pensées) passer.


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Le travail spécifique à partir de mon profil de personnalité (j’ai un tempérament très anxieux qui recherche la sécurité et le soutien dans des groupes et des règles) a été très utile. J’ai pu mieux repérer les situations dans lesquelles je suis le plus vulnérable et donc susceptible de laisser « Gégé » (ma partie blessée et immature) prendre le contrôle. Pour ne pas subir mes angoisses vis-à-vis de l’avenir, j’ai appris à rester dans le présent en me reconnectant à mon corps. À présent, je suis parfaitement au clair sur le fait qu’un processus de sevrage peut comporter des accidents ponctuels. Pour arrêter de dramatiser, il m’a donc fallu travailler sur mon penchant perfectionniste qui me jouait des tours.



Il est nécessaire d’installer des bloqueurs sur ses écrans


Tanguy m’a aussi apporté un appui très concret en me convaincant d’installer des bloqueurs efficaces sur tous mes écrans. Sans ces sécurités, pas de vrai sevrage possible car l’addiction est avant tout un conditionnement : si des images sont accessibles facilement, le cerveau le mémorise et toute l’attention est attirée vers cette possibilité. Tanguy m’a aussi transmis des outils pratiques comme le « PSG » pour gérer les situations d’urgence ou le « PRADO » pour se relancer après un dérapage (cf. son livre).

Depuis le début de l'accompagnement (plus de 6 mois), je n'ai pas rechuté, ce qui est un record pour moi ! Surtout, les situations « tendues » ont diminué en fréquence. Quand des difficultés se sont présentées, les bloqueurs et les procédures d’urgence m'ont permis de faire redescendre rapidement la sensation de manque et l'envie du passage à l'acte.


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La honte de moi-même a disparu


Bien sûr, je reste prudent car je sais que j'aurai à surveiller cela toute ma vie. Et que, peut-être, il y aura parfois un petit accident ou un dérapage. Mais j'ai compris, contrairement à avant, que cela ne remet pas en question tout ce qui a été fait avant ! D'une manière générale, je suis moins souvent en colère, impulsif et fatigué, et plus serein, concentré et confiant en moi. Je n’ai plus honte… d’être ce que je suis, d'être moi !


L’avenir me paraît beaucoup plus radieux qu’avant ! Je ne vois plus la vie avec le seul filtre de mon addiction.